Primeur : récit d’une reconversion professionnelle réussie avec Christel

Aujourd’hui on dénombre 15 000 primeurs sur toute la France, dont 10 165 sur les marchés, soit près de 35 000 actifs dont 16 000 salariés. La vente au détail représente à elle seule 30% de la distribution de fruits et légumes en France et un CA de 4 milliards d’€uros. Relationnel, connaissance du produit, ouverture d’esprit, disponibilité, organisation, vigilance, servir le client comme pour soi, c’est comme cela que les primeurs décrivent leur métier.

Loin de tous les clichés, la profession de primeur offre de réelles opportunités de carrière. En ces temps incertains pour l’emploi, que cela soit par choix ou par obligation, ceux qui ont osé témoignent…
Directrice administrative et financière pendant 8 ans dans une entreprise de travail temporaire, rigueur, organisation et marché du travail n’ont pas de secret pour Christel Teyssèdre. Quand Stéphane, son mari rencontre alors certaines difficultés dans son activité professionnelle liée à l’aéronautique, ils se posent tous deux, sans attendre, les bonnes questions. Ils prennent alors un virage que l’avenir ne leur fera pas regretter. Un ami d’enfance de Stéphane, primeur sur les marchés, le met en contact avec un de ses confrères qui cherche à vendre son entreprise. L’affaire doit être gérée à deux. Pour Christel, pas question de rester dans le creux de la vague. Fille d’agriculteur, elle adhère au projet de son mari et se lance sans crainte dans l’aventure. Maîtrisant déjà la gestion d’entreprise, il leur faudra à peine trois mois pour appréhender avec aisance leur nouveau métier. Le partage des tâches se fait tout naturellement : Stéphane aux achats, Christel à la vente. Entre temps, Stéphane passe son permis poids lourd, pendant que Christel fidélise une clientèle déjà présente, mais qu’il ne faut pas laisser s’échapper.
‘‘La seule difficulté au démarrage a été de choisir les bons produits, la qualité, le goût puis trouver le bon prix d’achat et le bon prix de vente’’, souligne Stéphane, ‘‘Pour le reste, nous avons bénéficié de l’aide des vendeurs qui nous ont accompagnés et présentés à leurs fournisseurs habituels. Cette transmission nous a fait gagner un temps précieux.’’
En 9 ans d’exercice, c’est une affaire qui tourne. 125 m2 de surface, 4 employés, 2 marchés par semaine pour 472 000 euros de chiffre d’affaires. ‘‘Certes nous n’avons plus de week-end, mais c’est un vrai bonheur degérer les choses comme on l’entend. Cette notion de liberté n’a pas de prix.’’ Pour le couple Teyssèdre, le travail passe avant tout, mais ce n’est pas pour autant au détriment de la vie familiale. Il suffit simplement d’être organisé ! ‘‘Nous avons le dimanche après-midi de libre !’’ lance Christel comme s’il s’agissait d’un cadeau du ciel ! Pour ces autodidactes, l’exercice de ce métier se définit comme une formation continue. ‘‘Nous apprenons tous les jours. Il ne faut pas hésiter à se remettre en question. Ce métier nous oblige à être attentifs à l’évolution du marché car la demande évolue sans cesse. C’est aussi ce qui est intéressant. La routine n’existe pas. C’est un échange constant avec la clientèle. Nous répondons au mieux à sa demande, mais nous savons également l’éduquer et la faire changer de comportement face à nos produits.’’
Savoir écouter, conseiller, recevoir et donner sont les moments précieux et incontournables du métier de primeur. ‘‘Le métier se dirige de plus en plus vers la voie du conseil. Les comportements ont évolué ces derniers temps. Nous devons faire face à de nouvelles demandes telles que la livraison à domicile, les achats avec les titres restaurants, la préparation de fruits et légumes déjà épluchés, découpés, cuisinés… Il faut éduquer cette nouvelle génération de clients qui ne cuisinent plus, en lui redonnant le goût des choses simples, en lui proposant des produits faciles à préparer. Cette clientèle est en revanche consciente que le frais est bon pour la santé.’’

Retrouvez Christel en direct dans l’émission “Les mardis de l’emploi avec Qapa” sur Beur FM Mardi 12 juin de midi à 13 heures en direct.

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